À trop remplir le vase, il a fini par déborder. Sur le site Amcor de Dijon, les sujets de mécontentement s’accumulaient depuis trop longtemps, et la colère des salariés a fini par éclater, prenant la forme d’une grève, à l’appel de notre organisation, ce 22 octobre.
C’est d’abord la controverse autour de l’article 144 de la convention collective nationale de la métallurgie qui motive la grogne. Au cœur du sujet : le principe d’une contrepartie au travail en équipes successives, prévu par cet article, et la question de savoir s’il est applicable aux salariés d’Amcor Dijon, et selon quelles modalités.
Le dossier, initialement porté par l’équipe de Sarrebourg (Moselle), a fait l’objet d’intenses discussions quelques jours auparavant lors de la coordination Amcor. Après avoir amené l’affaire devant le CSE, les métallos dijonnais ont donc décidé de faire de cette problématique un mot d’ordre de grève afin d’obtenir une position claire de la direction. La revendication trouve un large écho sur les autres sites du groupe, confrontés à la même situation.
Insalubrité, manque de personnel et mise en danger
Mais le dossier est loin d’être le seul sujet de tension sur le site. L’équipe syndicale a longuement détaillé les autres motifs du mouvement social, que tous les salariés connaissent bien. Notre organisation dénonce l’insalubrité d’une partie des installations : toilettes bouchées, absence d’aspiration des solvants sur une machine à essais et dans l’atelier gravure, émanations nauséabondes du côté du distillateur ou encore installations de chauffage hors service.
FO s’inquiète également d’un manque de personnel chronique (service outillage en attente d'un manipulateur, pénurie de salariés formés sur les machines d'impression) qui génère du stress sur la bonne conduite de la production. Enfin, des situations mettent purement et simplement les salariés en danger, comme la persistance de flaques d’eau dans l’atelier de stockage ou la hausse des troubles musculo-squelettiques liés aux manipulations de cylindres.
Solidarité face aux sanctions disproportionnées
Autre point de friction majeur : le cas de trois salariés mis à pied pour avoir consulté leur téléphone portable dans l’atelier.
« Une sanction d’autant plus disproportionnée qu’un tel cas se traduit normalement par un blâme, puis un avertissement avant d’en arriver éventuellement à la mise à pied. » — Jean-Marie Saria, DSC
La solidarité avec ces salariés injustement sanctionnés était aussi l’un des moteurs essentiels du mouvement, que FO se réserve la possibilité de prolonger si la direction ne réagit pas rapidement.



