Les constructeurs français ont présenté de nombreuses nouveautés. Stellantis a notamment mis en avant sa plateforme STLA ONE et annoncé un milliard d'euros d'investissements en France, dont 400 millions pour Mulhouse, 500 millions pour la recherche et développement et 100 millions pour les activités mécaniques et les fonderies. Renault a également confirmé ses ambitions dans l'électrification et le renouvellement de ses gammes.
Chez les équipementiers, les nouveaux onduleurs développés et industrialisés par Valeo à Étaples démontrent que la France conserve les compétences nécessaires pour participer aux technologies d'avenir.
FO Métaux accueille favorablement ces perspectives. Mais les annonces doivent se traduire par des productions effectives, des commandes pour les fournisseurs et des emplois durables. Un véhicule vendu en France ne crée pas nécessairement un emploi industriel en France.
Une urgence industrielle et sociale
Le Paris Automotive Summit du 13 octobre a rappelé l'ampleur des difficultés. Selon les chiffres présentés par Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), l'Europe aurait perdu trois millions de véhicules produits depuis 2019. En France, 50 000 emplois auraient disparu en cinq ans et 75 000 supplémentaires pourraient être menacés.
Ces chiffres confirment les alertes de FO Métaux. La baisse des volumes et les restructurations frappent particulièrement les équipementiers, les sous-traitants, les fonderies, les forges et les activités mécaniques.
« Décarboner l'automobile en remplaçant des véhicules fabriqués en France par des véhicules électriques importés serait un échec industriel et social. La transition doit préserver nos capacités de production et nos savoir-faire. »
Contenu local : la PFA doit aller plus loin
Lors du Summit, Luc Chatel a défendu une exigence de 75 % de pièces fabriquées en Europe. Cette prise de conscience va dans le bon sens, mais reste insuffisante au regard des enjeux industriels et sociaux. Le président de la PFA a également indiqué qu'un point de contenu local perdu représenterait 15 000 emplois. Un chiffre qui, s'il se confirme, démontre combien chaque point compte pour l'avenir de la filière.
FO Métaux revendique au moins 80 % de contenu local européen, avec un objectif souhaitable de 85 % à l'échelle européenne, et une exigence indissociable de maintien et de développement du contenu industriel français.
Cette différence avec la PFA n'est pas une simple question de pourcentage. Notre ambition est de garantir davantage d'activité industrielle, de commandes aux équipementiers et d'emplois dans nos territoires. Il ne suffit pas d'assembler des véhicules en Europe avec des composants importés : il faut y produire la valeur ajoutée. Cette exigence concerne l'ensemble de la filière, des voitures particulières aux utilitaires, camions, cars et bus, sans oublier les équipementiers et les sous-traitants.
Les droits de douane et le contrôle des importations sont utiles, mais insuffisants. L'Industrial Accelerator Act (IAA) doit fixer des obligations de contenu local ambitieuses, accompagnées d'une conditionnalité des aides publiques en matière de production, d'investissement et d'emploi. L'Europe ne peut pas se contenter d'être un marché pour les productions du monde entier. Elle doit redevenir une puissance industrielle.
L'EDEC : anticiper sans subir
La signature du nouvel accord EDEC automobile, auquel FO Métaux est partie prenante, constitue une étape importante pour anticiper les transformations de la filière, identifier les métiers menacés et accompagner l'évolution des compétences, notamment chez les équipementiers.
Mais cet accord ne remplacera pas une véritable politique industrielle. La formation et la reconversion sont nécessaires, sans devenir les seuls outils de gestion des suppressions d'emplois. Notre priorité reste de préserver et de développer les activités industrielles, plutôt que de nous limiter à accompagner leur disparition.
Transformer les annonces en actes
Le Mondial 2026 a démontré que l'automobile conserve des capacités d'innovation et des perspectives d'investissement. C'est un signal positif. Mais les prochaines décisions européennes sur l'IAA, le contenu local et les normes CO₂ seront déterminantes pour l'avenir de nos usines et de leurs salariés.
FO Métaux continuera de défendre une transition réaliste, une concurrence équitable et une politique industrielle qui protège les compétences et l'emploi. Notre exigence reste entière : au moins 80 % de contenu local européen, avec un objectif souhaitable de 85 % à l'échelle européenne, et le maintien et le développement du contenu industriel français.
Le véritable bilan de ce Mondial se mesurera aux productions réalisées, aux investissements concrétisés et aux emplois préservés ou créés. Car une industrie automobile d'avenir, c'est une industrie qui innove, mais surtout qui continue de produire et de faire travailler des salariés en France.



