Renault ElectriCity : réindustrialiser, produire en France et sécuriser l’emploi

Rédigé le 09/09/2026


Le 11 septembre 2026, la visite de Frédéric Souillot, secrétaire général de Force Ouvrière, de Valentin Rodriguez, secrétaire général et d’Olivier Lefebvre secrétaire fédéral pour FO Métaux, sur les sites Renault ElectriCity de Ruitz et de Douai a porté un message clair : la transition automobile doit être une opportunité de réindustrialisation, de maintien des savoir-faire et de création d’emplois durables en France.

L’industrie, une priorité stratégique

Dans un contexte de concurrence internationale renforcée, notamment avec la montée en puissance des constructeurs chinois, l’avenir de l’automobile française ne peut pas reposer sur le seul développement commercial ou sur l’assemblage de véhicules. Il doit s’appuyer sur une véritable stratégie industrielle : produire en France, investir dans les usines, localiser les activités à forte valeur ajoutée et préserver les compétences qui font la qualité de notre industrie.

Les sites de Ruitz, Douai et Maubeuge sont au cœur de cet enjeu. Ils portent des savoir-faire industriels reconnus, des métiers techniques exigeants et une capacité d’adaptation essentielle à la transformation du secteur. L’électrification des véhicules ne doit pas conduire à affaiblir les territoires industriels ; elle doit, au contraire, devenir un levier pour conforter les activités, développer de nouveaux métiers et créer des perspectives pour les salariés.

Réindustrialiser, ce n’est pas seulement annoncer des investissements. C’est garantir que ces investissements se traduisent par des volumes, des emplois stables, des commandes durables et des activités réellement implantées sur nos territoires.

Ruitz, Douai, Maubeuge : des sites d’avenir

La visite de Ruitz a permis de rappeler le rôle stratégique de cette manufacture dans l’écosystème Renault ElectriCity. Ses compétences historiques dans l’usinage, la forge et la production mécanique constituent un patrimoine industriel que nous devons préserver.

Les pièces produites à Ruitz témoignent d’un haut niveau de technicité et de précision. Elles participent directement aux véhicules électriques d’aujourd’hui et de demain. Il est donc indispensable que le site bénéficie d’une visibilité industrielle de long terme, de nouvelles activités et d’investissements adaptés à la transformation de la filière.

À Douai, la montée en puissance de la production électrique démontre la capacité des salariés à relever les défis technologiques les plus exigeants. La manufacture est devenue une référence de la transition automobile. Mais cette transformation doit s’accompagner d’un véritable progrès social : montée en compétences, conditions de travail maîtrisées, prévention de l’usure professionnelle, formation et perspectives d’évolution pour tous.

Maubeuge doit également rester pleinement intégré à cette dynamique. Les trois manufactures forment un ensemble industriel cohérent. Leur avenir ne peut être dissocié : c’est en confortant les activités de chacun de ces sites que Renault ElectriCity pourra construire une filière électrique robuste, compétitive et durable.

La réindustrialisation doit créer de l’emploi

Pour FO Métaux, la réindustrialisation ne peut être un slogan. Elle doit produire des résultats concrets pour les salariés et les territoires.

La transition vers l’électrique modifie les chaînes de valeur, les procédés de fabrication et les compétences attendues. Elle peut aussi fragiliser certains emplois si les décisions industrielles ne sont pas anticipées. C’est pourquoi les projets de transformation doivent être associés à des engagements précis sur l’activité, les effectifs et la formation.

Les recrutements d’intérimaires liés aux augmentations de volumes, notamment à Douai, répondent à un besoin de production immédiat. Ils ne doivent toutefois pas devenir une solution permanente à des besoins structurels. Lorsqu’une activité s’inscrit dans la durée, elle doit permettre la création d’emplois pérennes, l’intégration des salariés et le développement de parcours professionnels.

Compétitivité et progrès social

La compétitivité industrielle ne doit jamais être construite au détriment des salariés. Elle repose d’abord sur des équipes qualifiées, reconnues et en capacité de travailler dans de bonnes conditions.

Les salariés de Ruitz, Douai et Maubeuge démontrent chaque jour leur professionnalisme, leur engagement et leur faculté à maîtriser des technologies nouvelles. Leur expertise constitue l’un des principaux atouts de Renault ElectriCity. La préserver implique de reconnaître les qualifications, de valoriser les métiers, de prévenir les risques professionnels et de garantir une organisation du travail soutenable.

La compétitivité passe également par un dialogue social de qualité. Les transformations industrielles ne peuvent être imposées sans concertation. Elles doivent être discutées, anticipées et accompagnées, avec des engagements mesurables sur l’emploi, les compétences, les conditions de travail et l’évolution des organisations.

Une ambition industrielle pour les territoires

Cette visite a confirmé une conviction partagée : l’industrie reste un facteur essentiel de souveraineté économique, d’innovation et de cohésion territoriale. Derrière chaque manufacture, ce sont des milliers de salariés, de familles, de sous-traitants et de commerces locaux qui dépendent de la vitalité industrielle.

La France ne pourra répondre durablement aux défis de la transition énergétique et de la concurrence mondiale qu’en renforçant ses capacités à concevoir, fabriquer et produire sur son territoire. Il faut donc défendre une politique industrielle ambitieuse, capable de sécuriser les filières, de favoriser les investissements productifs et de protéger les emplois.

Frédéric Souillot, Valentin Rodriguez et Olivier Lefebvre ont rappelé, à Ruitz comme à Douai, que l’avenir de la filière automobile ne peut se construire sans les salariés.

Réindustrialiser, c’est produire en France, former, investir et créer des emplois durables.

C’est aussi reconnaître que les femmes et les hommes des manufactures sont les premiers acteurs de la réussite de Renault ElectriCity.