Alors que le feu ravage la Gironde et les Landes, les équipes FO se mobilisent pour répondre aux besoins des salariés. Frédéric Libert témoigne de la situation sur le terrain.
Comment les incendies ont-ils affecté les salariés dès les premiers jours ?
Des salariés habitant à Saumos et au Porge, qui ont été les premières communes touchées par les incendies, ont dès le début dû être évacués sans savoir si leur maison avait été épargnée.
Dans le jour qui a suivi, beaucoup de collègues n’ont pas pu se rendre sur leur site, d’autres sont venus travailler avec la peur au ventre. Très vite, des managers ont pris la décision de laisser repartir certains salariés afin qu'ils puissent rejoindre leur famille. Puis les évacuations se sont étendues à d’autres communes.
Combien de sites d'ArianeGroup sont concernés ?
Six sites aquitains, les cinq de Gironde et celui de Biscarrosse, sont devenus inaccessibles en raison des arrêtés d'évacuation. Du télétravail a été mis en place lorsque cela était possible, les autres salariés ont été placés en absence rémunérée.
Aujourd'hui, plus de 1 000 des 3 500 salariés ont dû être évacués. Beaucoup sont hébergés chez des proches mais aussi par des collègues.
Comment FO s'est organisée pour aider les salariés ?
« Dès le dimanche, nous avons réactivé les réseaux de communication que nous avions mis en place pendant la crise du Covid. Des groupes WhatsApp permettent de diffuser rapidement les informations et de garder le contact. »
Nous organisons tous les jours une cellule de crise avec la direction et les ressources humaines. À l'issue de ces réunions, nous transmettons systématiquement un compte rendu afin que chacun dispose d'informations fiables.
Dans une situation comme celle-ci, les salariés ont besoin de réponses concrètes et d'être rassurés. Nous refusons d'alimenter les rumeurs ou les polémiques.
Parallèlement, nos équipes locales restent en contact permanent avec leurs collègues afin d'identifier les personnes en difficulté et de leur apporter toute l'aide possible.
Quelles sont aujourd'hui vos principales inquiétudes ?
Nous suivons l'évolution de la situation heure par heure.
« Nos sites manipulent des produits pyrotechniques et chimiques qui ont dû être sécurisés afin d'écarter tout risque supplémentaire. La sécurité des salariés est évidemment la priorité absolue. »
Dans un second temps, nous serons très attentifs aux risques psychosociaux (RPS) liés au retour des salariés, qui pourront se retrouver dans des situations très difficiles, notamment en regagnant des communes sinistrées avec le risque de découvrir leur habitation calcinée.
Nous pensons également à nos collègues sapeurs-pompiers, qui auront combattu un véritable monstre de feu. Nous sommes aussi en contact avec les équipes FO des autres entreprises touchées, notamment Airbus Atlantic et Airbus Atlantic Composites Aquitaine, qui se mobilisent sans relâche pour répondre aux besoins des salariés.
Des milliers d'entreprises sont concernées par les évacuations et de nombreux conjoints de nos collègues ne peuvent plus exercer leur activité.
« Je tiens à saluer l’engagement remarquable des sapeurs-pompiers et des équipes de secours mais aussi la solidarité qui s’exprime partout en Gironde. Des salariés ont hébergé leurs collègues, des habitants ont apporté de la nourriture et des vêtements aux personnes évacuées. C’est impressionnant de voir un tel élan. »



