Les métallos FO fosséens se sont réunis en nombre le 30 juin pour l’assemblée générale de leur syndicat. Rassemblés autour de leur secrétaire du syndicat Christophe Ibanez, en présence du secrétaire général de la Fédération FO de la métallurgie Valentin Rodriguez, du secrétaire fédéral Paul Ribeiro, du DSC ArcelorMittal Méditerranée (AMED) David Thourey, du RSN Sylvain Ibanez et du secrétaire général de l’UD des Bouches-du-Rhône Franck Bergamini, ils ont fait le point sur l’actualité du site et du secteur avant de fixer le cap pour l’avenir.
A quoi mesure-t-on le succès du travail de développement syndical ? Au nombre de participants à une assemblée générale, pourraient répondre les métallos FO d’Arcelor Mittal Fos-sur-Mer. A celle qu’ils ont tenue le 30 juin, l’affluence était impressionnante. Il faut dire qu’avec des adhésions en forte hausse et une dynamique qui ne semble pas près de s’essouffler, FO est plus que jamais la force syndicale du site. Le secrétaire du syndicat Christophe ne s’y est pas trompé, saluant une participation « qui en dit long sur la confiance que vous nous témoignez et confirme le rôle central que joue ce moment syndical dans la vie collective de notre site ». Pour parvenir à ce niveau, l’équipe syndicale et les métallos FO abattent un travail colossal, tenant ou participant à plus de 270 réunions par an, entre négociations, CSE, santé et sécurité, mais aussi affaires syndicales, avec notamment la préparation des élections professionnelles de la fin d’année.
Le devenir industriel et économique du site a aussi été au centre de l’action de notre organisation, en particulier avec l’accord de mobilité dans le cadre de la réorganisation du site. Plus de 300 emplois étaient dans le viseur suite aux difficultés sur les marchés de l’acier, et l’entreprise privilégiait les mobilités internes plutôt que les départs contraints. Dans ce contexte, FO a bataillé et obtenu des mesures d’accompagnement importantes, en termes d’accès prioritaire à l’emploi, de sécurisation des parcours, d’aides financières (dont une prime de projet Zénith de 15 000 euros !), mais aussi de suivi et de garanties, défendant une fois de plus avec efficacité les salariés. Christophe Ibanez est également revenu sur l’accord négocié suite à la sortie d’ArcelorMittal du GESIM, en 2024, et qui court jusqu’à fin 2026. Enumérant tout ce que FO avait réussi à préserver lors de cette négociation, il a assuré les métallos de la détermination de notre organisation à ne rien lâcher pour demain. Après un point sur les autres négociations conduites en 2025, notamment sur l’égalité professionnelle, le handicap, les conditions du passage à un fonctionnement avec un seul haut-fourneau et les NAO, il a détaillé le travail effectué sur la communication du syndicat, tant sur le plan des méthodes et des outils que des objectifs, avec le souci constant de s’améliorer et d’innover, en particulier au service du développement.
Redémarrage du haut-fourneau n°1
La syndicalisation était d’ailleurs au cœur des résolutions adoptées pour l’année 2026, afin de peser toujours plus fort et efficacement au service de l’industrie et des salariés. Les métallos se sont également accordés sur leurs revendications pour les NAO à venir, qu’il s’agisse des primes pour le redémarrage du haut-fourneau n°1, de l’intéressement ou des indemnités repas, de la prime vacances ou, bien évidemment, la valeur du point dans le cadre de la prime d’ancienneté. Enfin, les échanges ont porté sur la situation industrielle du site, avec le grand changement de cap du début 2026, à savoir le retour à deux hauts-fourneaux. En effet, alors que le scénario prévu jusque-là était que le HF1 (en arrêt depuis l’automne 2023) remplace après sa rénovation le HF2 (le site restant à un seul four en fonctionnement), ArcelorMittal a surpris tout le monde en mars en dévoilant son intention de cumuler les deux. Concrètement, le HF1 qui va redémarrer après travaux fonctionnera donc de concert avec le HF2 qui, contrairement au plan initial, reste lui aussi en production. Résultat attendu : une capacité retrouvée de 3,5 millions de tonnes en année pleine.
Un revirement qui s'explique par la confiance retrouvée dans les mesures de protection du marché européen de l'acier, et plus particulièrement le mécanisme carbone aux frontières (CBAM) et les quotas d'importation (TRQ), dont le groupe anticipe une mise en œuvre rapide, avec pour effet attendu une baisse des importations d'acier en Europe de l'ordre de 8 millions de tonnes, et donc un potentiel équivalent à reconquérir pour les sites européens. Pour Fos-sur-Mer, cela signifie un investissement 2026 de 90 millions d’euros pour moderniser l’outil de production et réaliser 150 recrutements, ainsi que la fin de l’activité partielle. Une bonne nouvelle donc, mais qui appelle des nuances : le retour à deux hauts-fourneaux est présenté comme temporaire, le four à arc électrique, qui permettrait de fondre de la ferraille recyclée et de réduire structurellement les émissions, reste à l'étude mais n’est toujours pas confirmé. Autrement dit, si l’opération ouvre un horizon de quelques années, beaucoup d’incertitudes demeurent et notre organisation sait qu’elle aura fort à faire pour les dissiper.
Une voix crédible, respectée et majoritaire
Suite à ces échanges, Franck Bergamini a pris la parole pour un état des lieux économique et social du département, rappelant aussi la prochaine tenue d’élections professionnelles dans la fonction publique et se félicitant des excellents liens entretenus par l’UD et les métallos. Paul Ribeiro s’est ensuite exprimé pour rappeler les positions de notre organisation sur la récente loi de nationalisation d’ArcelorMittal, réponse inadaptée à la situation du groupe et, au-delà, de la sidérurgie. Saluant le travail de développement syndical des Fosséens, illustré par le grand nombre de participants à l’assemblée générale, il s’est réjoui de voir les équipes présenter des listes complètes sur les trois collèges pour le scrutin professionnel de fin 2026. « Grâce à votre engagement et votre mobilisation, FO parle d’une voix crédible, respectée et majoritaire à Fos-sur-Mer et sur AMED, a-t-il lancé. Nous devons poursuivre en continuant de nous appuyer sur le discours de vérité constant, cohérent et solide qui a toujours été le nôtre pour viser demain la barre des 20 % de représentativité sur l’ensemble du groupe. »
Valentin Rodriguez a refermé les travaux de l’assemblée générale par un point large sur l’action de notre Fédération, notamment pour la réindustrialisation de notre pays. Il est également revenu sur les questions de pouvoir d’achat, et plus particulièrement les mécanismes d’ajustement des barèmes sur les bas salaires, sur fond d’inflation latente et de hausse du Smic. Achevant sur la représentativité et le développement syndical, il a salué la redoutable efficacité du travail mené par les équipes FO sur le site de Fos-sur-Mer, soulignant la nécessité de mener cet effort le plus largement possible sous l’égide du plan AGIR. Ce sont les moyens de négocier et donc d’obtenir du mieux pour l’industrie et les salariés qui en découlent directement, a-t-il rappelé.




