L'Insee corrige ses chiffres : un répit statistique qui ne doit pas masquer la nécessaire réindustrialisation

Rédigé le 08/06/2026


Durant plusieurs mois, un chiffre symbolique a marqué les esprits : le poids de l’industrie manufacturière serait tombé sous la barre des 10 % du PIB en France. Un déclassement industriel qui semblait confirmer les craintes d’une désindustrialisation rampante. Si les menaces ne doivent évidemment pas être sous-estimées, les dernières révisions de l’Insee indiquent que le seuil symbolique n’a en réalité pas été franchi : l’industrie manufacturière représenterait finalement 10,2 % du PIB français à la fin de l’année 2025.  

Il est indispensable de regarder la situation de notre industrie avec objectivité. Certains secteurs tirent leur épingle du jeu, comme l'aéronautique, le ferroviaire ou encore le spatial. À l'inverse, d'autres, en particulier la métallurgie, sont durement frappés par une concurrence internationale déloyale, portée par des pays qui s'affranchissent des exigences sociales et environnementales que nous nous imposons.  

Ces contrastes ne doivent pas nous faire perdre de vue l’essentiel : la France a besoin d’une politique ambitieuse et globale de réindustrialisation.  

Une nation qui produit, maîtrise ses approvisionnements, protège ses savoir-faire et crée de la richesse sur son territoire. Elle offre des emplois qualifiés qui constituent un pilier essentiel de la cohésion sociale du pays. Pour FO Métaux, la réindustrialisation ne peut pas se résumer à quelques annonces d’investissements ou à la bonne santé de certains secteurs. Elle doit concerner l’ensemble du tissu industriel.  

La métallurgie, qui constitue l’un des socles de l’industrie française, doit être au cœur de cette ambition. 

La réindustrialisation ne se décrète pas. Elle se construit par l’investissement, la formation, la transmission des compétences et une politique industrielle de long terme. Les chiffres publiés par l’Insee montrent que l’industrie française conserve des forces. À nous désormais de donner aux secteurs fragilisés les moyens de redevenir des moteurs de notre économie.