Après cinq reports, la Commission européenne a enfin rendu publiques ses propositions pour le « Made in Europe », dont l’objectif est de permettre à notre industrie de faire face à la concurrence de pays qui ne respectent pas nos normes sociales et environnementales, au premier rang desquels figure la Chine.
La principale mesure est l’instauration d’une « préférence européenne » : les entreprises de secteurs stratégiques bénéficiant d’aides publiques auront l’obligation d’intégrer dans leurs produits un pourcentage minimal de composants d’origine européenne. Le secteur automobile, qui est l’un des plus menacés par la concurrence faussée actuelle, fait évidemment partie des secteurs concernés. Concrètement, 70 % de composants locaux, en plus de la batterie, devront être de fabrication européenne pour les véhicules électriques.
Ce projet de loi européen appelé « accélération industrielle » devra être approuvé par les États membres et le Parlement européen avant d’être mis en œuvre. Le commissaire en charge de la stratégie industrielle, Stéphane Séjourné, a affirmé lors de la présentation du texte que l’objectif de l’UE était de « ramener l’industrie à 20 % du PIB européen d’ici 2035, contre 14 % aujourd’hui ».
FO Métaux salue cette avancée essentielle pour notre industrie automobile car elle constitue un premier pas vers le protectionnisme intelligent que nous appelons de nos vœux depuis longtemps. En revanche, nous regrettons que ce texte ait manqué un objectif majeur : sauver notre sidérurgie. Des secteurs comme le BTP et les constructeurs automobiles devront en effet se fournir en ciment et en aluminium européens, mais ils n’auront pas l’obligation d’utiliser de l’acier européen. L’UE a certes lancé un plan de soutien pour la sidérurgie, qui devrait être adopté prochainement, mais intégrer l’acier dans le dispositif « Made in Europe » aurait constitué un pas en avant essentiel. Nous ne baissons pas les bras pour autant : nous continuerons à réclamer un moratoire sur certaines normes environnementales et à agir à tous les niveaux pour préserver notre secteur sidérurgique.



