Pour la cinquième fois, les annonces sur le projet de loi relatif à l’accélération industrielle de la Commission européenne ont été reportées. Ce texte majeur, destiné à faire face à la concurrence faussée de pays qui ne respectent pas les mêmes normes sociales et environnementales que les nôtres, en particulier la Chine, devait être présenté jeudi 26 février, mais le sera finalement jeudi 4 mars. À moins d’une énième reculade ?
Ce projet, très attendu par l’ensemble de la filière automobile, doit notamment fixer un seuil de contenu « made in Europe » pour les véhicules électriques et, plus largement, instaurer une préférence européenne dans les secteurs stratégiques. Cette orientation va dans le bon sens, mais elle ne suffit pas à elle seule : un contenu local européen ne garantit pas, mécaniquement, des débouchés et des protections pour les entreprises françaises qui ont déjà délocalisé une part de leur production au sein de l’Union, ni pour les sites et l’emploi en France.
À l’heure où le groupe Stellantis a annoncé 22,3 milliards d’euros de pertes pour l’année 2025, où les équipementiers automobiles européens ont perdu 100 000 emplois ces deux dernières années et où des dizaines de milliers de postes sont menacés à court terme, la situation n’a jamais été aussi grave. Pour FO Métaux, il faut donc aller plus loin : compléter l’ambition européenne par des mesures concrètes de protection et de soutien à l’industrie nationale française, afin de sécuriser l’activité, l’investissement, les chaînes de valeur et l’emploi sur notre territoire.
Selon l’Observatoire Cetelem, 48% des Français se disent prêts à privilégier une production locale, y compris si cela coûte plus cher. Pourquoi cette aspiration à reprendre la main sur notre destin économique n’est-elle pas pleinement intégrée aux choix publics et aux règles du marché ? Des territoires entiers vivent de la filière automobile, qui est un des piliers de notre base productive. Que deviendront-ils si nous laissons ce secteur stratégique s’effacer, sous l’effet de règles faussées et d’une concurrence qui ne joue pas à armes égales ?
Ici, il ne s’agit plus seulement de compétitivité ou de chiffres : c’est notre souveraineté industrielle, notre capacité à produire, innover et décider sur notre sol, ainsi que la cohésion sociale et l’équilibre territorial du pays, qui sont en jeu.
Les réponses se doivent donc d’être à la hauteur de cet enjeu vital.



