Regardons la réalité en face : la France ne cesse de s'appauvrir ! Pire : cette situation s’est même accélérée ces dix dernières années. D’après les chiffres d’Eurostat, l’agence européenne des statistiques, cette triste réalité ne fait aucun doute : notre PIB par habitant est désormais inférieur de 2 % à la moyenne des pays de l’Union européenne.
Le produit intérieur brut par habitant n’est pas un indicateur théorique : il mesure concrètement le niveau de vie réel de nos concitoyens. Or la France affiche un PIB par habitant de 98, nettement inférieur à ceux du Luxembourg (245), de l’Irlande (221), des Pays-Bas (160), du Danemark (127), de la Belgique (117) ou de l’Allemagne (116) mais aussi derrière Malte (110) ou Chypre (99). Au sein de l’UE, notre pays se situe à la 13e place sur 27. Si cette chute se poursuit, nous pourrions rapidement être relégués au niveau de pays comme la Tchéquie (91), la Slovénie (90) ou la Lituanie (87). Comment la France qui possédait un PIB par habitant équivalent à celui de l’Allemagne en 1975 a-t-elle pu connaître une telle dégringolade ?
Il existe évidemment plusieurs causes. Mais l’une d’elles est incontestable : la désindustrialisation. Notre chute s’est accélérée entre 2013 et 2017, une période marquée par les conséquences de fermetures massives d’usines et de délocalisations. L’industrie représentait près de 25 % de l’emploi dans les années 1980, elle ne pèse aujourd’hui plus que 13 % selon l’Insee. En quarante ans, la France a donc perdu plus de la moitié de ses emplois industriels. Chaque fermeture d’usine ne détruit pas seulement des emplois directs : elle fragilise les sous-traitants, appauvrit les territoires et efface des savoir-faire. Les services n’ont jamais compensé la perte des emplois industriels, contrairement à ce que certains ont prétendu et que FO Métaux a été longtemps la seule à contester. Une économie sans base productive solide ne peut que s’appauvrir.
Sans une stratégie industrielle très ambitieuse, le décrochage continuera. Il serait vain d’espérer un redressement du niveau de vie sans une réindustrialisation fondée sur l’emploi, les compétences et la souveraineté. Nous l’avons sans cesse répété et démontré. Ceux qui n’ont pas voulu nous écouter n’ont plus le choix : les chiffres parlent d’eux-mêmes et rendent toute forme de déni impossible.



