C’est à Reims (Marne) que se sont retrouvés le 19 novembre les métallos FO des trois entités composant le syndicat ArcelorMittal Services. Rassemblés autour de leur secrétaire Agnès Laurent, du secrétaire fédéral Paul Ribeiro et du RSN Sylvain Ibanez, les militantes et militants ont examiné avec inquiétude une situation placée sous le signe de la menace pour l’emploi.
Entre les trois sections syndicales des entités ArcelorMittal Distribution Solutions France (AMDSF), ArcelorMittal Distribution Services France (également AMDSF) et ArcelorMittal Centre de Services (AMCS), le point commun n’est pas seulement d’être regroupées au sein du même syndicat et d’appartenir à la « branche services » du géant sidérurgique ArcelorMittal en France, mais aussi d’être directement impactées par le spectre des PSE qui sévit dans l’ensemble du groupe. Entre celui récemment subi par AMCS et combattu par notre organisation, celui qu’affrontent les équipes de AMD Services et celui qui attend AMD Solutions dans les mois à venir, les échanges ont été nourris. Ces plans ont mobilisé toute l’énergie des secrétaires de sections (Magali Delacourt, pour AMD Solutions, et Elodie De-Jésus, pour AMD Services) ces derniers mois pour protéger les intérêts de tous les salariés, avec le soutien de notre Fédération et de ses structures. Ce travail acharné au service de l’industrie et des salariés n’est d’ailleurs pas passé inaperçu, puisque le nombre d’adhésions chez AMD Services a connu une hausse appréciable.
Pour autant, 2024 aura aussi été l’année du déploiement de la nouvelle convention collective nationale de la métallurgie, ainsi que de la nouvelle classification. Alors que de nombreuses fiches emplois manquaient au début de la mise en place, l’action de FO a permis de combler les blancs mais aussi de rectifier les fiches comprenant des cotations inexactes, mais cela n’a pas été sans mal, en particulier chez AMD Solutions, où le travail n’est toujours pas terminé. FO est d’ailleurs à l’initiative d’une demande de mise en place d’échelons en complément de la classification, allant du niveau débutant au niveau expert. « Avec cet outil, il devient possible de récompenser les salariés et de valoriser leur parcours, explique Agnès Laurent. C’est aussi un élément de motivation supplémentaire qui en fait un levier de management. » Ecartée par la direction chez AMD Solutions, elle est pour le moment conditionnée à un accord d’harmonisation chez AMD Services, et retardée chez AMCS en raison du PSE.
L’assemblée générale a également été l’occasion de se fixer des objectifs pour l’année à venir et de prendre des résolutions. Les équipes ont ainsi décidé d’améliorer et d’intensifier leur communication, d’organiser des événements conviviaux et fédérateurs, de poursuivre leurs efforts en termes de négociations et de revendications communes, notamment pour défendre le pouvoir d’achat via de bonnes NAO. Les discussions ont aussi porté sur la loi sur la nationalisation, en cours de débat à l’Assemblée nationale, et dont toutes et tous se sont accordés pour considérer qu’elle ne serait en rien une solution aux difficultés d’ArcelorMittal.
Sylvain Ibanez est intervenu pour évoquer les problématiques liées à ce qu’il faut bien appeler une mise en concurrence des salariés entre eux, au travers de normes environnementales qui exacerbent la compétition avec pour seul effet de détruire sur des bases fort contestables l’emploi sur des bassins d’emploi entiers. « Face aux défis bien réels que doivent affronter notre planète et notre industrie, a-t-il regretté, ces pratiques ne constituent en rien une solution. » Paul Ribeiro a conclu les travaux de l’assemblée générale dans une tonalité similaire. Considérant le lien fort qui existe entre la baisse des marges, la pression sur la décarbonation et la survenue de PSE à répétition, il a brocardé des atteintes à l’emploi que rien ne vient justifier. Les plans successifs sur les fonctions supports, pourtant essentielles, sont avant tout motivés par la volonté d’ArcelorMittal de réduire ses coûts, a-t-il fait valoir, mais constituent in fine une menace pour le fonctionnement de l’ensemble du groupe, et pour les salariés qui restent, obligés de faire autant avec un effectif réduit. « En faisant s’effondrer l’emploi dans les espaces français et européens, qui ont les normes les plus exigeantes, on ne détruit pas seulement le gagne-pain des salariés mais aussi les normes en question, puisqu’à la fin, elles n’ont plus personne à qui s’appliquer… a fustigé le secrétaire fédéral. Au-delà de ces pratiques, cette concurrence qui prend les normes pour terrain de jeu n’est rien d’autre qu’un nivellement par le bas et un recul global. »



