Les métallos FO du Maine-et-Loire se sont retrouvés le 27 novembre à Angers pour le congrès de leur USM. Réunis autour de leur secrétaire Willy Duval, en présence du secrétaire général de la Fédération FO de la métallurgie Valentin Rodriguez, du secrétaire fédéral Paul Ribeiro et de la secrétaire générale de l’UD49 Magali Lardeux, ils se sont penchés sur la situation du département et des implantations FO.
Un monde en guerre, ou en passe de l’être, et un pays qui poursuit le démantèlement de son édifice social : si le propos introductif de Willy Duval, lors de la présentation de son rapport d’activité, n’était pas réjouissant, il n’avait d’autre ambition que d’inciter les métallos FO à rester mobilisés et combattifs. Le reste de son intervention, à laquelle ont succédé celles des nombreux participants, a bien montré que dans le Maine-et-Loire, FO n’était pas près de baisser les bras, malgré les difficultés. Pour l’USM, si l’aide aux équipes en difficulté est bien évidemment une mission première, le développement syndical figure aussi au plus haut dans les priorités. Saluant le lancement du plan fédéral AGIR, Willy Duval a fait état de l’action de l’USM dans ce domaine.
Fédérer les énergies
Qu’il s’agisse de favoriser, entre autres, l’échange de bonnes pratiques entre les équipes ou de les faire monter en compétences par de la formation pour se développer sur les sites où FO est implantée, ou qu’il soit question d’aider à se faire une place là où nous ne sommes pas présents, l’USM s’impose comme le centre de gravité des actions locales de développement syndical. Il a d’ailleurs rappelé que l’USM visait la réimplantation dans le Saumurois, où seule subsiste la section syndicale Ametra, à Longué, afin d’essaimer ensuite plus largement. Il a aussi souligné qu’un renforcement dans les entreprises de Cholet et Angers devait aussi fédérer les énergies pour aider des isolés qui ont lancé les grandes manœuvres dans leurs entreprises, comme chez Goubard (bennes basculantes et trémies) ou chez Evolis (matériel électronique). De nombreuses prises de parole se sont ensuivies, avec le partage d’informations parfois inquiétantes sur la situation de certaines entreprises, mais aussi la remontée de problématiques liées à la classification et la nouvelle Convention Collective Nationale de la Métallurgie (CCNM).
Refuser l’écologie punitive
Paul Ribeiro est revenu longuement sur la loi prévoyant la nationalisation d’ArcelorMittal, en rappelant qu’elle constitue une réponse hors-sujet face à des raisons bien réelles qui fragilisent notre industrie. « Tant que nos dirigeants n’auront pas compris qu’on ne peut se mesurer à un marché mondial devenu un vrai Far-West en persistant à être les seuls à nous imposer des règles toujours plus contraignantes, nous aborderons le sujet par le mauvais bout. » Il a ensuite précisé que la revendication de FO Métaux d’un moratoire sur les normes environnementales inefficaces n’est pas un refus de l’écologie : c’est au contraire la seule manière de mener une politique écologique qui fonctionne réellement. Il a dénoncé les réglementations qui, sous couvert d’écologie, ne règlent en rien les problèmes environnementaux, mais accélèrent au contraire la destruction des productions françaises et européennes, pourtant parmi les meilleures au monde en matière de normes sociales, environnementales, salariales et démocratiques.
« Chaque usine qui ferme, chaque production que nous perdons ici, a-t-il insisté, sera remplacée par des importations venues de pays qui n’ont pas nos normes, qui ne respectent pas nos règles, qui pratiquent des formes multiples de dumping – environnemental, social, salarial ou démocratique. Rien n’est moins écologique que de délocaliser la pollution, détruire nos emplois et dépendre de productions lointaines sans aucun contrôle. » Pour FO Métaux, défendre réellement l’écologie, c’est protéger nos marchés, nos producteurs, nos travailleurs, en imposant enfin un cadre commercial qui bloque les importations issues de pays ne respectant pas les exigences que l’on impose à nos propres entreprises. Tant que cette situation perdurera, a conclu Paul Ribeiro, « nos industries continueront d’être les victimes d’une écologie punitive qui détruit ce qui se fait de mieux au monde, tout en renforçant les producteurs qui ne respectent ni la planète, ni les travailleurs, ni la démocratie. »
Refuser l’instrumentalisation de la dette
Lors de son intervention, Valentin Rodriguez a lui aussi déploré une situation internationale particulière, mais a aussi rappelé que derrière l’industrie de défense se trouvaient des milliers de femmes et d’hommes qui n’ont rien de va-t-en-guerre, et dont les emplois contribuent à l’excellence industrielle autant qu’à la protection de la nation. Revenant ensuite sur l’actuel débat parlementaire autour du budget, il a démonté les fausses idées sur le sujet et fustigé l’instrumentalisation du dossier par une partie de la classe politique et du patronat, qui cache mal que l’instabilité politique est en bonne partie responsable de la sortie de route. Sur le dossier ArcelorMittal, il a résumé la position de notre organisation en précisant qu’il ne s’agissait pas d’être par principe contre les nationalisations, mais par pragmatisme contre celle du sidérurgiste en particulier. « Chaque situation se caractérise par ses particularités, et pour ce cas, a-t-il souligné, notre position n’est en rien dogmatique : elle découle directement des réalités exprimées par nos syndicats dans le groupe et leurs analyses ! » Il a ensuite rappelé la qualité de la CCNM tout en soulignant que l’existence de ce bon outil ne dispensait pas d’un travail syndical exigeant dont le rapport de force reste le socle. A cet égard, il a salué les efforts de développement menés par l’USM avant de revenir sur le plan fédéral AGIR, dont la mise en œuvre à l’échelon local sera crucial. Insistant sur la nécessité vitale d’aller chercher militants et implantations pour notre organisation, il s’est dit confiant dans la motivation et la capacité des métallos FO du Maine-et-Loire à relever le défi.



