ArcelorMittal Saint-Chély-d’Apcher : un climat électoral entre espoirs et inquiétudes

Rédigé le 09/07/2026


Les métallos FO barrabans d’ArcelorMittal se sont retrouvés le 25 juin pour l’assemblée générale de leur syndicat. Réunis autour de leur secrétaire Christophe Poirier, en présence du secrétaire fédéral Paul Ribeiro, du DSC ArcelorMittal Méditerranée (AMED) David Thourey et du RSN Sylvain Ibanez, ils se sont penchés sur la situation du site lozérien à l’approche des élections professionnelles, prévues pour la fin de l’année.

Malgré de bonnes perspectives économiques, dues notamment à un positionnement sur le marché prometteur des aciers pour moteurs électriques, la vie sur le site ArcelorMittal de Saint-Chély-d’Apcher, en Lozère, est tout sauf un long fleuve tranquille. Manque de personnel, absentéisme, augmentation des cadences sans recrutements pour l’accompagner, faiblesses de communication, défaut de coordination : conséquente est la liste des dysfonctionnements qui rendent le quotidien compliqué pour les quelque 200 salariés qui y travaillent. En réponse, l’équipe FO ne ménage pas sa peine. En 2025, les métallos FO ont été de toutes les réunions des différentes instances : CSE, CSEC, NAO, CASA, primes, égalité professionnelle, handicap, logement…  « Cette présence renforcée est indispensable pour porter le plus efficacement possible les revendications des salariés, a fait valoir Christophe Poirier, mais aussi montrer la force et la détermination de notre organisation. » Il a également rappelé que le site ne manque pas d’atouts, avec ses savoir-faire uniques, une électricité bas carbone provenant de centrales hydroélectriques et des équipements modernes. Il a prévenu, formulant haut et clair une préoccupation présente dans tous les esprits, que l’accroissement de l’activité dans le groupe ne devait cependant pas se traduire par la mise en concurrence des sites entre eux sur la même activité. En ce sens, il a averti que FO observerait avec attention la montée en puissance des aciers électriques à Mardyck (Nord).

Mieux répartir les efforts et leurs fruits

Les échanges ont également porté sur les élections professionnelles à venir en fin d’année. Les opérations de terrain vont bon train, la stratégie définie par les métallos est scrupuleusement suivie. Reste à finaliser les PAP, dont le caractère stratégique a été souligné à plusieurs reprises, en particulier pour la composition des collèges électoraux. Autour de David Thourey et de Sylvain Ibanez, l’accent a été mis sur le choix fait par FO de tenir un langage de vérité aux salariés là où d’autres n’hésitent pas à promettre n’importe quoi. Un regard sur les chiffres de la syndicalisation, qui montre une hausse constante du nombre d’adhérents, impose un constat : la méthode FO est en train de construire et d’installer la confiance, primordiale dans un bassin économique de cette taille, où le collègue est aussi bien souvent le voisin. Plus largement, les combats et revendications de notre organisation pour le pouvoir d’achat, ainsi qu’une meilleure équité dans la répartition des efforts et de leurs fruits sur le périmètre AMED, rencontrent un écho grandissant et montrent que les métallos FO ont choisi le bon chemin. David Thourey a complété en précisant que le site lozérien faisait pleinement partie des plans stratégiques de la division Méditerranée, et devrait à ce titre profiter du récent regain d’activité de Fos-sur-Mer.

La nationalisation, une réponse inadaptée

Le secrétaire fédéral Paul Ribeiro est intervenu en conclusion des travaux. Brossant le portrait d’un secteur qui traverse une mauvaise passe, il a relié les différentes difficultés qu’affronte la sidérurgie pour mieux démontrer la justesse des analyses de FO et de ses positions. Alors que la préoccupation environnementale et la décarbonation devrait profiter aux sites français, la concurrence internationale déloyale qui les plombe se fait précisément sur les normes environnementales que la France et l’Europe, contre toute logique, sont les seules à s’appliquer. « Face aux enjeux actuels, la nationalisation est une réponse inadaptée, a-t-il martelé, et nous l’avons clairement expliqué à tous les décideurs politiques et économiques. » A cette mesure aussi irréfléchie que précipitée, il a opposé le pragmatisme FO, qui consiste à observer et regarder la situation avec lucidité et clarté pour poser les bonnes questions et apporter les solutions qui y correspondent réellement. Mais cette capacité de réflexion et de proposition n’est rien sans l’audience électorale qui vient lui donner force et légitimité, a-t-il ensuite souligné. « Ce n’est qu’en poursuivant sans relâche nos efforts de développement que nous gagnerons un poids qui sera par la suite nécessaire pour peser en faveur de la mise en place de ce que nous préconisons. » La position majoritaire de FO à Saint-Chély-d’Apcher et, plus largement, sur AMED, doit donc être confortée. Le secrétaire fédéral a conclu en exprimant toute sa confiance à une équipe syndicale très soudée et à des militants particulièrement déterminés pour y parvenir.