La Fédération UCI-FO (Union des Ingénieurs et Cadres) qui a tenu son congrès à Arras (Pas-de-Calais) les 4 et 5 décembre a montré l’ampleur des bouleversements du monde du travail qui concerne le troisième collège. En présence du secrétaire général de la Confédération FO, Frédéric Souillot, et d’une délégation de métallos emmenée par Valentin Rodriguez et les secrétaires fédéraux Bruno Reynès et Olivier Lefebvre, près de 200 délégués ont participé aux travaux.
On les imagine souvent « privilégiés », pourtant la réalité est tout autre. Les cadres subissent la pression, les surcharges de travail, le stress et les responsabilités, les risques de remplacement par l’IA, le manque de reconnaissance, sans oublier des salaires qui ne suivent plus… Eux aussi ont besoin d’être défendus, eux aussi ont besoin d’un syndicat qui les écoute et les représente. Voilà ce qui ressort du congrès, mais aussi ce qui sous-tend plus largement les analyses et revendications portées par notre organisation avec constance. Le 15ème congrès FO-Cadres, qui s’est tenu à Arras les 4 et 5 décembre, a permis d’approfondir dans cette direction.
Comme l’a rappelé Eric Pérès, secrétaire général de l’UCI-FO, dans un contexte marqué par les crises économiques, les tensions géopolitiques, mais aussi la transition écologique ou l’essor des technologies numériques et de l’intelligence artificielle, « les repères changent rapidement, et les salariés, cadres et ingénieurs en particulier, sont en première ligne face à ces évolutions ». Ce dernier dossier a d’ailleurs fait l’objet d’une attention particulière, avec une table ronde sur les impacts de l’IA et des enjeux industriels sur la fonction cadre. Eric Pérès a rappelé au passage que sur l’intelligence artificielle, FO avait exigé transparence, éthique et gouvernance partagée. « L’IA doit renforcer l’expertise humaine, non la remplacer, a fait valoir le secrétaire général de FO-Cadres. Cela suppose des moyens : formation, temps et règles claires. » Si elle peut constituer un levier de réindustrialisation, attention cependant à ne pas là laisser fonctionner selon la seule logique de marché.
Acteur du dialogue social
Revenant sur le bilan de l’UCI-FO sur la période 2022 à 2025, il a montré qu’elle avait défendu l’emploi qualifié, refusé que les restructurations et la sous-traitance dégradée deviennent la norme, et martelé que les cadres ne sont pas une catégorie privilégiée, mais bien des salariés exposés à la pression et aux incertitudes. Il a aussi brossé le portrait d’une organisation qui s’est imposée comme actrice et défenderesse du paritarisme, notamment au sein de l’APEC, avec un objectif essentiel : garantir que les décisions prises servent en priorité les salariés, leur emploi, leur formation et leur avenir.
« Au cours de ce mandat, FO-Cadres a renforcé sa crédibilité, sa capacité d’action et son ancrage dans le syndicalisme », s’est-il réjoui. Pour autant, les défis à venir ne manquent pas, « mais ils s’accompagnent aussi d’opportunités pour affirmer le rôle d’un syndicat indépendant, réactif et utile ». Le congrès a ainsi été l’occasion de rappeler les missions de FO-Cadres, à l’accomplissement desquelles participe énergiquement notre Fédération. « Le développement de la syndicalisation des cadres et ingénieurs est aussi une priorité pour FO Métaux, confirme Bruno Reynès. C’est notre rôle que d’exprimer leurs attentes et préoccupations pour qu’elles trouvent pleinement et efficacement sa place dans la construction du dialogue social et dans ses débouchés au sein des accords collectifs. »
50 % des effectifs de la métallurgie
Au-delà du paritarisme, de l’expertise juridique pour garantir les droits individuels et collectifs de ces salariés, de l’implication dans la négociation collective, FO-Cadres doit anticiper les mutations du travail et contribuer activement à la construction de normes sociales justes. Cela passe par l’accompagnement des jeunes diplômés comme des futurs retraités, la défense de l’expertise des ingénieurs, la veille sur les mutations de l’économie et de l’emploi, ou encore la protection des lanceurs d’alerte… La présence des métallos FO et leur forte participation, notamment à la commission de résolution, l’ont bien montré : les ingénieurs et cadres peuvent aussi compter sur la Fédération FO de la métallurgie !



