Les métallos FO de Loire-Atlantique se sont retrouvés à Indre le 9 décembre pour l’assemblée générale de leur USM. Rassemblés autour de leur secrétaire Sylvain Hérisson, en présence du secrétaire fédéral Paul Ribeiro et du secrétaire général de l’UD44 Michel Le Roc’h, ainsi que du secrétaire de l’UL de Basse Loire Yann Ravart, ils ont pu mesurer les résultats des démarches engagées par la nouvelle équipe et fixer leur cap pour l’année à venir.
Avec 950 entreprises et 47 800 salariés, la métallurgie s’impose comme le moteur économique de la Loire-Atlantique, et le nombre de métallos FO présents à l’assemblée générale de l’USM44 en a fourni une belle illustration. D’ArcelorMittal à Airbus ou encore les Chantiers de l’Atlantique, Onet et Mécachrome, toutes les couleurs de l’industrie brillent dans le département au travers des équipes syndicales FO. L’assemblée générale a également marqué le juste et volontaire retour des Métaux de Nantes au sein de l’USM et a montré la force des liens avec les structures confédérales, dont l’UD.
Un an après le congrès qui a donné un nouvel élan à l’USM, le bilan établi par son secrétaire Sylvain Hérisson, et complété par les interventions des métallos, a dressé un tableau assez contrasté de la situation économique, industrielle et sociale en Loire-Atlantique. Parmi les sites en difficulté, celui d’ArcelorMittal, à Basse-Indre, pour lequel toute l’organisation FO a mouillé le maillot, des mobilisations locales à la rencontre avec la présidente de la Région Pays-de-la-Loire, menée par le secrétaire général FO Métaux Valentin Rodriguez, jusqu’aux auditions dans le cadre de missions parlementaires. Ce cas assez médiatisé ne doit cependant pas faire oublier que l’équipe de l’USM a également été aux côtés des métallos de beaucoup d’entreprises traversant une mauvaise passe.
Des succès visibles
L’action FO, c’est aussi la défense de la fiche de paie, et dans ce domaine l’USM a fait des merveilles, puisqu’en parvenant à faire grimper la valeur du point à 6,29 euros, elle permet au département d’être sur la première marche du podium national. Elle améliore aussi la prime-repas, souvent la seule augmentation dans les entreprises où le dialogue social et les organisations syndicales sont absentes. En outre, l’USM est très présente dans les instances paritaires du territoire pour l’emploi et la formation professionnelle, où elle se fait remarquer par la qualité de ses interventions, qui lui donnent visibilité et crédibilité. Si l’on y ajoute la création de quatre nouvelles sections syndicales et une syndicalisation qui continue de grimper, rien d’étonnant à ce que, pour reprendre le mot de Sylvain Hérisson, l’USM « se porte bien ».
« Notre priorité n’en reste pas moins le développement syndical sur les trois collèges, a rappelé le secrétaire de l’USM, et la présence de terrain reste, dans cette optique, indispensable, et ce malgré les ordonnances Macron qui ont drastiquement réduit nos moyens. » A cet effet, et plus largement pour la pratique d’un syndicalisme efficace, Sylvain Hérisson a souligné l’importance de la formation syndicale, à laquelle recourent beaucoup les métallos FO de Loire-Atlantique. Le module « Formation Accueil FO », qui permet de s’adresser plus facilement aux salariés, a d’ailleurs connu un franc succès et a gagné le surnom de « bombe à syndicalisation ». Il a achevé la présentation de son rapport en inscrivant les efforts de l’USM dans le cadre plus large du plan fédéral AGIR, rappelant que « le développement du syndicat ne s'arrête pas aux portes de l'entreprise » et promettant un ciblage encore plus précis des implantations à venir, en lien avec la Fédération.
La richesse de la diversité
Michel Le Roc’h est ensuite revenu, pour l’UD, sur la situation nationale, et plus particulièrement le dossier du budget en cours de débat au Parlement, déplorant que la conditionnalité des aides publics, si elle fait son chemin, manque encore de traductions concrètes. Il s’est aussi arrêté sur le cas ArcelorMittal et la loi de nationalisation adoptée par les députés, exprimant une position singulière, illustrant toute la richesse et la diversité de notre organisation. En conclusion, Paul Ribeiro a tenu à remercier le bureau de l’USM et ses instances pour le sérieux et la transparence de leur travail, qu’il a qualifiés d’exemplaires, et a salué l’intérêt des interventions des métallos quant à la situation des entreprises du département. Fustigeant des solutions simplistes et trompeuses, il a martelé que « la sidérurgie ne se résume pas à ArcelorMittal, et ArcelorMittal ne se résume pas à Dunkerque ». Puis, élargissant la problématique à l’ensemble des filières industrielles, il a souligné la qualité qui fait la force de nos normes tout en déplorant qu’elles soient des handicaps si les acteurs français et européens sont les seuls à les appliquer. « Mais ce n’est pas la mondialisation qui va régler un problème dont elle est la cause, a-t-il prévenu. Comment gagner un match –celui du maintien de notre industrie– et si nous pratiquons le même sport –les fabrications de nos usines et celles des autres pays–, mais avec des règles différentes pour chacune des équipes présentes sur le terrain ? » Impossible, pour notre organisation, d’accepter ce dumping social, salarial environnemental ! Paul Ribeiro a rappelé à cet égard la revendication de FO Métaux d’un moratoire sur les normes carbone et le chrome VI, des mesures de protection fortes face à l’invasion des marchés européen et français par des produits fabriqués dans des pays où les conditions sociales, salariales, environnementales ou démocratiques sont dramatiques. Regrettant que cette position ne soit pas davantage entendue, il a pointé l’importance de poursuivre le développement de notre organisation, se félicitant de la démarche engagée avec le plan fédéral AGIR, qui va permettre « un travail plus ciblé pour aller les forces vives qui sont notre futur ».