Quand il y a une difficulté d’interprétation sur un article juridique, la position de FO Métaux est claire : du côté des salariés. La controverse qui fait rage sur le site Amcor de Sarrebourg (Moselle), l’illustre bien, et les métallos FO, avec le soutien de notre Fédération, viennent d’y réaliser une opération de tractage pour informer les salariés et attirer leur attention sur le combat autour du pouvoir d’achat. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, avec la divergence existant entre la direction du site et l’équipe syndicale FO sur l'article 144 de la convention collective de la métallurgie.
L'application stricte de l'article 144 de la convention collective
Le principe d’une contrepartie au travail en équipes successives, posé par ledit article, est-il applicable aux salariés d’Amcor Sarrebourg, et selon quelles modalités ? La question, qui a été au cœur de nombreux échanges lors des réunions du CSE, a d’abord semblé être abordée favorablement, la direction ayant reconnu son applicabilité. Avant de rétropédaler et d’arguer de l’existence de « différents avantages déjà accordés aux salariés » pour tenter d’en réduire l’assiette de calcul.
« Le différend peut paraître anecdotique et terriblement technique, mais cela fait une somme non négligeable sur la fiche de paie à la fin du mois ! »
Erreur, s’indigne notre organisation, qui a rappelé par courrier à la direction que les éléments qu’elle s’échine à prendre en compte (prime de nuit, majoration d’heures supplémentaires…) n’entrent pas dans la définition de l’article 144, qui exige, pour la prise en compte de dispositifs déjà déployés, qu’ils soient spécifiques au travail en équipes successives, souligne la secrétaire fédérale Géraldine Gomiz.
Pour les métallos, pas question de laisser passer. FO Métaux a rappelé que, en tant que l’un des principaux artisans de cette convention collective, elle n’entendait pas la laisser dévoyer. Dans ce contexte, la possibilité d’une saisine de la sous-commission de conciliation de la Commission Paritaire Technique de Négociation (CPTN) Lorraine est également évoquée afin d’obtenir une clarification sur son application. Les salariés, eux, auront compris qui se soucie de leur pouvoir d’achat.