USM de Midi-Pyrénées : le syndicalisme grand format

Rédigé le 22/09/2026


Les métallos FO des départements de Midi-Pyrénées se sont retrouvés le 11 septembre à Toulouse pour l’assemblée générale de leur USM. Réunis autour de leur secrétaire Brice Donini, en présence de Gérard Ciannarella, secrétaire fédéral, ainsi que des secrétaires généraux de sept Unions Départementales FO, ils ont fait le point sur l’activité de cette USM hors-normes, qui porte haut les couleurs de notre organisation dans un territoire où l’industrie tient le haut du pavé.

Les délégués réunis pour l'assemblée générale de l'USM Midi-Pyrénées à Toulouse.

Valérie Guittard pour le Gers, Jérôme Nigris pour l'Aveyron, Eric Bellouni pour le Tarn, Alexandre Thos pour le Tarn-et-Garonne, Patrick Cazala pour les Hautes-Pyrénées, David Laguarrigues pour le Lot et Patrice Pauly pour la Haute-Garonne : à elle seule, la présence de ces sept secrétaires généraux d'UD lors de l'assemblée générale du 11 septembre illustrait la surface et l'importance de l'USM de Midi-Pyrénées. Depuis plus de 14 ans, ses équipes œuvrent sans relâche au développement de notre organisation et, avec près de 43 % de représentativité et la création de plusieurs dizaines de sections syndicales, elles ont obtenu des résultats qui forcent le respect.

Ce n'est donc pas un hasard si Brice Donini, son secrétaire, a ouvert les travaux de l'assemblée générale en rendant hommage à l'engagement de l'ensemble des membres du bureau de l'USM, des sections et des syndicats. « Si nous sommes encore et toujours sur la 1ère marche au niveau de notre région, c'est bien le fruit du travail de terrain de toutes les équipes, dans la défense des intérêts de notre industrie, de nos emplois, de notre syndicat, et surtout des salariés que nous représentons », a-t-il salué.

Intervention lors des prises de parole à la tribune.

Illustration du dynamisme de l’USM, pas moins de 12 intervenants issus des syndicats FO de Midi-Pyrénées se sont succédé à la tribune : David Dijoux (coordinateur FO Safran), Christel Daban (Diehl Aerospace), Romain Sansot (Derichebourg Aeronautics Services), Quentin Walder (JIP), Luc-Olivier Blanc (Gardner Aerospace), Jean-Sébastien Seigné (Airbus Opérations SAS), Yves Guillemenot (Airbus Défense and Space), Frédéric Mieres (Latécoère), Jérôme Gloaguen (Athos), Eric Peyrat (DSC Thalès Alenia Space), Bastien Sclafer (Aura-Aero) et Yann Fusero (Spherea).

Le travail de développement a, cette année, une fois de plus été couronné de succès, avec la création de neuf nouvelles sections syndicales, chez Aviacomp Sogéclair, Hamecher, Aumovio, OP Mobility, Matières, Derichbourg Aéronautics Training, Safran Power Units, Vérifone et Arcys. Dans cette dernière entreprise, les élections professionnelles qui ont eu lieu début septembre ont été largement remportées par FO, qui a su attirer plus de 87 % des voix sur des effectifs majoritairement cadres.

Ce poids que notre organisation a su renforcer année après année devrait être un atout dans les mois à venir pour la défense des salariés et de leurs intérêts, a expliqué Brice Donini. Dans toutes les commissions où siège FO, a-t-il expliqué, chiffres et projections ont de quoi inquiéter. Les conséquences de la situation géopolitique, en particulier l'augmentation des prix, une croissance en berne et un niveau d'emploi maussade, laissent entrevoir pour les salariés une addition des plus salées quant à leur pouvoir d'achat.

Une industrie qui se bat

Alors que de nombreux secteurs industriels accusent le coup, en plus de subir, à l'image de l'automobile, des bouleversements structurels, il a vanté le rôle moteur dans notre économie de l'aéronautique et du spatial, une filière qui fait aussi les beaux jours de Midi-Pyrénées, où elle concentre plus de 30 % de ses emplois nationaux, soit plus de 85 000 salariés. Soutenue par la demande mondiale et les commandes militaires, elle apporte une contribution majeure à la réindustrialisation et à la souveraineté nationale.

Pour autant, s'est inquiété Brice Donini, le dynamisme du secteur aéronautique n'empêche pas plusieurs entreprises métallurgiques de la région de rencontrer d'importantes difficultés économiques, conduisant à des PSE, des Ruptures Conventionnelles Collectives (RCC) et même, pour certaines, des fermetures d'usines, avec un impact aussi lourd que durable sur l'emploi régional.

Les membres du bureau et de la Fédération à la tribune de l'assemblée générale.

Il a appelé à la création de leviers nationaux qui manquent cruellement face au dérèglement du commerce international, qui plus que jamais fait apparaître la nécessité d'une réindustrialisation sur notre territoire. Par ce biais, il s'agit de limiter nos dépendances, tant au niveau stratégique que technologique, tout en prenant en compte l'impact environnemental des activités industrielles dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Derrière, l'ambition est de rendre à l'industrie la place qui était et doit rester la sienne au centre de l'économie, et pour y parvenir, de la protéger, avec les emplois qu'elle induit. Ce qui suppose aussi de rendre son lustre et son attractivité à ses métiers.

Durant la période de la crise sanitaire, même si l'APLD a permis – et on le doit en grande partie à FO – de protéger certains emplois, certaines compétences et, par conséquent, un grand nombre d'entreprises, l'industrie a subi un fort impact, avec, au travers de trop nombreux plans sociaux, près de 30 000 suppressions de postes sur la filière aéronautique française.

Malgré cela, en 2026, même en faisant abstraction des effets encore incomplets de la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient sur la filière, la plupart des entreprises n'en ont pas moins de grosses difficultés à recruter de la main-d'œuvre qualifiée. Brice Donini a révélé qu'avec les acteurs de la région, FO Métaux participe à un travail sur l'attractivité de la branche de la métallurgie autour de plusieurs axes : la formation avec notamment les CQPM, les évolutions vers les métiers de demain avec les CPREFP, ainsi que des dispositifs comme « passerelle industrie » pour faciliter la reconversion professionnelle.

Des salariés en souffrance

« Derrière ces chiffres que l'on nous sert, ce sont des familles avec des craintes, de la souffrance et de la colère, surtout quand un salarié doit choisir entre payer son loyer ou pouvoir nourrir dignement sa famille. »
Une salle attentive aux échanges et aux rapports présentés.

Face au dérapage de l'inflation, il a rappelé que la priorité de notre organisation restait le pouvoir d'achat des salariés. À cet égard, il a mis en avant les bons résultats obtenus lors des négociations dans les entreprises mais aussi sur la valeur du point (+ 3,5 % en 2025 et + 1,65 % en 2026), qui permet de revaloriser le montant de la prime d'ancienneté.

« Si le travail mené par FO dans les instances régionales paie, c’est bien grâce à notre poids au niveau de la représentativité car seule la syndicalisation, le développement et les implantations syndicales nous permettent de négocier avec Force et de faire vivre la politique contractuelle, qui est la colonne vertébrale de notre organisation. »

Déplorant des « vagues successives de sentiments de colère légitimes », qui touchent les plus précaires, dont le nombre va croissant, il n'a pas caché « craindre une réapparition et une intensification des mouvements sociaux, avec le risque d'entraîner une plus grande instabilité politique ». Face à une situation explosive, il a de nouveau pointé le caractère central du pouvoir d'achat, pour lequel se bat notre organisation, et insisted sur le fait que c'est aussi dans une réponse syndicale plus large qu'il faut trouver des raisons de se battre et d'espérer.

Une Fédération concernée

Une douzaine de syndicats sont intervenus à la tribune avant que Gérard Ciannarella ne prenne la parole pour conclure les travaux de l'assemblée générale. Saluant « la plus grande USM de notre Fédération », le secrétaire fédéral a rappelé que ces structures de terrain constituaient la colonne vertébrale de notre organisation. Le fructueux travail de développement mené en Midi-Pyrénées s'inscrit pleinement dans les priorités stratégiques de FO Métaux, matérialisées par le plan AGIR, a-t-il poursuivi. À cet égard, il a donné rendez-vous aux métallos FO le 10 novembre à Paris pour la journée des USM, dont ce plan fédéral sera le point de mire.

S'inquiétant de la situation préoccupante qu'affronte notre industrie et des défis qu'elle doit relever pour construire son avenir, il s'est félicité de l'organisation, le 8 octobre prochain, d'une journée « Industrie » par notre Confédération, avec la présence annoncée du ministre délégué à l'Industrie. « C'est la preuve que FO est prise au sérieux, et que nous prenons la question au sérieux », a-t-il asséné.

Alors que la préoccupation environnementale ne cesse de grandir, Gérard Ciannarella a rappelé l'engagement de notre Fédération sur ce dossier, martelant que l'industrie n'est pas l'ennemi du climat mais un allié face aux changements qui s'annoncent. Il a conclu par un point sur le calendrier très chargé de FO Métaux, entre agenda de négociations copieux et début du cycle des séminaires de branche.

Les 28 et 29 octobre, c’est le secteur électrique, électronique, ferroviaire, navale, nucléaire, ascenseurs et maintenance qui ouvrira à Ecully (Rhône) cette séquence importante pour notre organisation. D’ici l’été prochain, elle sera suivie par les séminaires des autres secteurs de la métallurgie : aéronautique, automobile, sidérurgie, ainsi que mécanique, optique et construction métallique.