Le secrétaire général de la Fédération FO de la métallurgie, Valentin Rodriguez, accompagné de la secrétaire fédérale Géraldine Gomiz, s’est rendu sur le site de Tefal à Rumilly (Haute-Savoie) le 2 juillet pour rencontrer l’équipe syndicale FO, majoritaire dans l’entreprise, et la direction, mais aussi pour apporter son soutien aux salariés face aux craintes qui pèsent sur l’emploi.
Sacrifier l’emploi en France sur l’autel de l’écologie ? Pour notre organisation, hors de question de raisonner en des termes aussi binaires. C’est l’essence du message que Valentin Rodriguez, le secrétaire général FO Métaux, est venu délivrer lors de sa visite du 2 juillet sur le site Tefal de Rumilly. Depuis la découverte, fin 2022, du PFOA (un produit classé parmi les « polluants éternels ») dans les sols et l’eau de la ville, l’usine du groupe Seb est dans la tourmente, du fait de son utilisation dudit produit dans le revêtement de ses poêles
En avril dernier, le problème a pris une nouvelle tournure avec l’annonce par la préfecture de la détection de PFAS dans l'air autour du site, avec mise en demeure pour Tefal d’identifier l’origine de ces rejets atmosphériques et de produire un plan d’action d’ici fin 2026. Entretemps, en 2024, une proposition de loi visant à interdire les PFAS dans les produits alimentaires (donc potentiellement les poêles) est débattue à l’Assemblée nationale. Environ 450 salariés de Tefal manifestent à Paris à l’appel de FO contre le texte, craignant pour 1 500 emplois à Rumilly, 3 000 en France et 15 000 en Europe. Le directeur général du groupe SEB parle alors d'une « mesure dogmatique ». L’intervention de notre organisation permet d’exclure les ustensiles de cuisine mais depuis les inquiétudes pour l’emploi, déjà anciennes, ne se sont pas apaisées.
Combattre le déclin
Car les effectifs y sont en déclin constant : de 2 500 postes en CDI à la fin du siècle dernier, on est passé à environ 1 650 salariés ces dernières années, sans plan de licenciement tapageur, mais par un phénomène à bas bruit de non-remplacement des départs, en parallèle du rachat par Seb d’usines en Asie (la Chine produit désormais aussi pour le Royaume-Uni, les États-Unis, la France). Vient s’y ajouter une érosion du marché des ustensiles de cuisine suite à cette mauvaise publicité visant la marque. Pour FO, la récente décision préfectorale pourrait bien forcer la main de la direction du site dans le mauvais sens, avec des conséquences funestes pour l’emploi. « Il faut maintenir les emplois en France en défendant notre industrie et ne pas mener les débats autour des PFAS seulement autour de l’emploi dans l’Hexagone », a martelé Valentin Rodriguez, aux côtés de la secrétaire fédérale Géraldine Gomiz et du secrétaire de syndicat Riad Boulassel.
« Les débats autour des PFAS ne peuvent pas se faire contre l’emploi en France »
Car la portée du message fédéral va bien au-delà du site savoyard, pilier économique local irremplaçable pour la ville. Derrière le dossier des PFAS, notre organisation redoute une offensive plus large contre l’industrie française et appelle à une prise de conscience politique. Dénonçant une logique que ne connaissent que trop les salariés d’autres secteurs industriels, comme la sidérurgie, Valentin Rodriguez a appelé à « ne pas jouer contre son propre camp en interdisant de commercialiser des produits qui sont fabriqués en France, quand on autorise la mise en vente sur le même marché français, de produits low cost fabriqués en Asie sans respecter les normes environnementales auxquelles sont soumises les productions tricolores ». Alors que FO défend l’industrie et l’emploi en France face à une concurrence mondiale exacerbée, le secrétaire général a insisté pour que cette dernière ne puisse en aucun cas s’exercer de façon déloyale, avec la complicité, sinon le silence bienveillant, des cénacles politiques et économiques. Il s’est félicité de l’engagement des métallos FO aux côtés des salariés pour défendre avec une combativité sans faille le fabriqué en France à Rumilly et les a assurés du soutien de notre Fédération.
Géraldine Gomiz est, pour sa part, intervenue sur la thématique santé et sécurité au travail, et plus particulièrement, partant du constat de la récurrence des épisodes de canicule, sur les techniques existantes pour refroidir les ateliers. Des aides peuvent d’ailleurs être obtenues à cet effet, a-t-elle détaillé sur ce sujet qui a donné lieu à de riches échanges.