Alors que la proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal France reviendra au Parlement le 11 juin, les considérations idéologiques doivent passer au second plan. Une seule question compte : quelle solution protégera le mieux les salariés ? FO Métaux n’est pas opposée par principe à une nationalisation. Mais encore faut-il que celle-ci permette de répondre aux causes réelles de la crise de la sidérurgie, ce que le texte proposé ne fait pas en l’état.
Une organisation syndicale digne de ce nom a le devoir d’analyser une situation avec pragmatisme avant de prendre position.
Or, deux questions essentielles demeurent sans réponse :
Quel périmètre serait nationalisé ?
Existe-t-il un modèle économique viable pour produire un acier réellement décarboné ?
Tant que des réponses ne seront pas apportées sur ces points, notre organisation ne pourra pas apporter son soutien à ce texte. Mais nous refusons tout autant d’être rangés par facilité dans le camp de ceux qui s’y opposent. Notre rôle n’est pas d’arbitrer un débat politique, mais de défendre tous les salariés sur tous les sites.
La vraie cause de la crise sidérurgique n’est pas liée à l’identité d’un actionnaire mais à une concurrence mondiale faussée. Quelle est la réalité ?
Des pays subventionnent massivement leurs sociétés productrices d’acier et pratiquent un dumping social, salarial, environnemental et viennent écouler leur production sur le marché européen et français à des prix qui déstabilisent notre sidérurgie.
Seule une véritable protection commerciale européenne pourra changer la donne. Si celle-ci n’est pas mise en œuvre, nationaliser des entreprises ne suffira pas à les rendre viables