Alors que s’ouvre la 9ᵉ édition de Choose France, événement qui promeut chaque année l’attractivité économique de notre pays, des annonces font déjà état d’investissements “records” d’entreprises étrangères dans l’Hexagone. Ces projets doivent évidemment être accueillis positivement mais ceux-ci ne devront en aucun cas faire oublier les menaces qui grandissent sur nombre de nos secteurs industriels et la nécessité de mettre en œuvre à l’échelle nationale et européenne des mesures ambitieuses pour changer la donne.
Ceux qui définissent les orientations économiques et industrielles de l’Europe en ont-ils vraiment conscience ? La Commission européenne continue de différer une partie des décisions attendues pour renforcer la protection de notre industrie face à la déferlante d’importations chinoises. De nouvelles mesures de défense commerciale devraient être présentées aux chefs d’État et de gouvernement lors du sommet du 18 juin, mais celles-ci seront-elles à la hauteur de l’enjeu ? Nous n’avons cessé de le dire : les mesures sectorielles adoptées par l’UE pour tenter de protéger la sidérurgie ou les voitures électriques allaient dans le bon sens mais ne suffisent évidemment pas pour faire face à la concurrence déloyale de la Chine. Les pays européens doivent cesser de raisonner en fonction de leurs seuls intérêts à court terme. Dans la durée, ils risquent tous de subir les conséquences de l’inaction.
Les autorités chinoises ont récemment dévoilé leur nouveau plan quinquennal. Son objectif est sans aucune ambiguïté : assurer à la Chine une position dominante dans l’économie mondiale en faisant d’elle le centre de gravité industriel et technologique de la planète. Nous savons par expérience que le géant asiatique ne se contente pas d’afficher des objectifs : il mobilise tous les moyens nécessaires pour les atteindre. Pour contrer une telle offensive, nous aurons besoin de bien plus qu’un salon ultra-médiatisé sous les ors de Versailles.