FO Métaux avait donc raison avant tout le monde ! Depuis plusieurs années, notre organisation défend une idée simple : produire en France des véhicules populaires avec un prix de vente accessible aux classes moyennes. Une partie de la filière automobile et de nombreux commentateurs n’ont cessé d’affirmer qu’un tel objectif était irréaliste en raison du coût du travail, des contraintes industrielles et de la concurrence internationale. Pourtant, Stellantis vient d’annoncer que le groupe allait produire dans l’usine de Pomigliano (Italie) des E-car, ces petites voitures électriques inspirées des kei cars japonaises, pour un prix de vente autour de 15000 euros (hors bonus écologique). Le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, a même déclaré : « Nos clients appellent de leurs vœux le retour de petits véhicules élégants, produits en Europe avec fierté, tout à la fois accessibles et respectueux de l’environnement. »
Une question s’impose : pourquoi ce qui est possible à Pomigliano ne le serait-il pas dans les usines françaises du groupe ? Depuis plusieurs années, FO Métaux alerte sur les conséquences d’une stratégie industrielle bien trop concentrée sur des véhicules toujours plus chers et inaccessibles à la grande majorité de la population française. Cette orientation fragilise l’ensemble de la filière sur notre territoire : baisse des volumes, sous-utilisation des sites, pression sur l’emploi, menaces chez les sous-traitants et recul progressif de notre industrie automobile. Produire des véhicules accessibles sur notre sol représenterait un virage essentiel.
Nous refusons que la France devienne un simple marché de consommation pendant que la production est répartie dans d’autres pays. Nos usines disposent des compétences, des salariés qualifiés et du savoir-faire nécessaires pour produire ce type de véhicules. Lorsque l’un des principaux constructeurs prouve qu’une voiture populaire peut être produite en Europe, il devient impossible de justifier que les usines françaises ne puissent faire de même.