Daher Industries : FO tire la sonnette d’alarme sur l’avenir de l’outil industriel

Rédigé le 15/04/2026


 

Depuis la réorganisation industrielle de l’an dernier, Daher Industries traverse une mauvaise passe. Bien loin d’un effet conjoncturel, c’est le plan stratégique qui se termine en 2027 et qui pour l’instant n’a pas encore porté ses fruits, que met en cause l’organisation syndicale FO, qui s’inquiète des conséquences sur l’emploi dans les bassins géographiques concernés.

La stratégie de développement international de Daher ne semble pas avoir été à la hauteur des attentes du groupe et, surtout, n’aurait pas produit les effets escomptés. Malgré un chiffre d’affaires proche de 2 milliards d’euros, la rentabilité n’est toujours pas au rendez-vous. Pire, les résultats 2025 s’avèrent fortement déficitaires pour Daher industries. Pour notre organisation syndicale, l’explication est à rechercher dans les dernières années, marquées par plusieurs cessions de sites, des investissements jugés coûteux à l’étranger et une dépendance accrue à des mesures exceptionnelles pour maintenir les équilibres financiers. Sans oublier une réorganisation l’année dernière en six entités autonomes, qui a impacté socialement et industriellement l’ensemble du groupe Daher. L’organisation syndicale pointe les problématiques de Daher Industries, plus particulièrement l’établissement de Tarbes (Hautes Pyrénées) et l’actualité récente du site de Montrichard (Loir-et-Cher)

Derrière, ce sont plus de 1900 salariés CDI dont 250 intérimaires qui envisagent l’avenir avec inquiétude et que rien ne vient rassurer. 

Dans un climat de plus en plus morose, le secteur aéronautique semble bien le seul à ne pas connaître la crise. A condition de ne pas regarder de trop près un ciel où tout le monde n’a pas la même altitude de croisière. Chez l’équipementier Daher, les nuages semblent chaque jour plus nombreux à barrer l’horizon, et la nouvelle direction, qui s’installera à la tête du groupe au 1er avril, aura fort à faire. En cause : notamment les exigences croissantes des donneurs d’ordres, les constructeurs, en quête permanente de gains, de compensations industrielles ou de mécanismes d’offset, qui dégradent la situation économique et sociale de l’entreprise sur le territoire national. « Ces derniers imposent ou recommandent de délocaliser nos productions vers des zones low cost », se scandalise l’équipe syndicale FO, qui s’inquiète de la situation d’une entreprise touchée aussi par une fragilisation croissante du modèle industriel national, alors que la France affiche depuis plusieurs années une volonté de réindustrialisation qui peine à se concrétiser.

En effet, Daher Industries est aujourd’hui la société la plus en difficulté du groupe, la société la plus exposée, avec des résultats négatifs. L’outil industriel est jugé vieillissant, voir obsolète ne permettant qu’une maintenance insuffisante, handicapée par des investissements incomplets et un manque de continuité dans la stratégie industrielle.  S’ajoute à cela des difficultés chez plusieurs fournisseurs stratégiques impactant économiquement Daher Industries.

 Les métallos FO redoutent que, séparée des activités en bonne santé que sont la logistique et les services, la branche industrielle de Daher ne finisse par être tout simplement vendue à la découpe. C’est aussi sur le plan social que des répercussions, dénoncées par FO, sont de plus en plus visibles : rotation accélérée des directions, réorganisations répétées, explosion des sanctions disciplinaires, niveau d’accidentologie encore trop élevé, et départs de salariés en contrats précaires. « Si les CDI restent pour l’heure épargnés, nous nous interrogeons sur la capacité de l’entreprise à préserver durablement l’emploi », s’alarme le syndicat.

Face à ces signaux d’alerte, FO a « appelé la direction et les pouvoirs publics à agir rapidement et à investir dans la modernisation des moyens de production, condition indispensable selon le syndicat pour sécuriser l’avenir de plus de 1900 emplois, notamment dans les Hautes-Pyrénées et dans le bassin Montrichardais ». Dans un pays qui rêve d’un avenir industriel, les salariés, eux, ne demandent qu’une chose : pouvoir regarder le ciel sans crainte qu’il ne leur tombe sur la tête.


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