Sidérurgie de Dunkerque : refuser la fatalité

Rédigé le 01/12/2025


Les métallos FO du syndicat Sidérurgie et activité connexe de la région de Dunkerque (Nord) se sont retrouvés en nombre le 20 novembre pour leur assemblée générale. Réunis autour de leur secrétaire Tony Cascino, en présence du secrétaire fédéral Paul Ribeiro et du RSN FO ArcelorMittal Sylvain Ibanez, ainsi que du secrétaire de l’UL de Dunkerque, Marc Fourcroy, ils se sont penchés sur la situation du secteur et des implantations FO de bassin d’activités.

Ce sont des équipes syndicales qui ne cessent de s’étoffer que Tony Cascino a présenté lors de l’assemblée du 20 novembre. Avec Jean-Charles Spillmaecker, secrétaire de la section syndicale FO ArcelorMittal Dunkerque, et Julian Vannoye, secrétaire de la toute jeune section syndicale FO ArcelorMittal Mardyck, il a pris le temps de mettre à l’honneur les femmes et les hommes (militants, élus et délégués syndicaux) qui chaque jour s’activent au service des salariés, pour la défense de l’industrie et pour faire grandir notre organisation. Cette introduction a été l’occasion d’un jeu de questions-réponses avec la salle sur les différentes missions assurées par les métallos FO, manière d’allier dynamisme et pédagogie qui a été très appréciée par les participants.

Le rapport d’activité s’est avéré moins ludique, tant l’année écoulée a été difficile pour la sidérurgie. Hormis un petit intéressement et une prime exceptionnelle de partage de la valeur (PPV) de 1 000 euros, le pouvoir d’achat a fait grise mine en 2025. Comme l’a expliqué Tony Cascino, la forte baisse des volumes de production, sur fond de surcapacités chinoises et d’importations étrangères en hausse, fait aujourd’hui peser sur la sidérurgie française et ses salariés un risque existentiel.  Le projet de décarbonation des installations dunkerquoises, pourtant essentiel pour un avenir durable des sites, a été pour sa part suspendu, fragilisant un peu plus les implantations. Rien d’étonnant, malheureusement, à ce qu’ArcelorMittal taille au sabre dans la masse salariale, avec un PSE de 600 postes (dont 200 rien que sur Dunkerque) ardemment combattu par FO.  Face à cette situation inacceptable, des mobilisations ont été organisées à tous les niveaux, de Bruxelles à l’échelon local, sans oublier des rencontres à l’Assemblée nationale et la participation à plusieurs auditions parlementaires pour porter les revendications de notre organisation et défendre l’emploi industriel. 

Des adhésions en hausse

« Il ne faut pas laisser retomber la pression », a résumé Tony Cascino après l’adoption des rapports d’activité et de trésorerie par les militants. Pour ce faire, le syndicat et ses sections pourront compter sur l’énergie des nombreux militants qui ont rejoint les rangs de FO. Preuve d’un travail de développement efficace, mais aussi de la confiance que leurs activités au service des salariés leur a permis de mériter, les métallos FO ont vu le nombre d’adhérents multiplié par trois depuis 2020 !

Autant dire que pour 2026, les équipes syndicales ne manquent pas d’objectifs. L’accompagnement de toutes les personnes concernées par le PSE figure évidemment par les priorités, mais la poursuite du développement syndical  n’est pas en reste, puisque les métallos FO vont amplifier le recours aux formations syndicales de notre Fédération, muscler leur présence de terrain et tout faire pour continuer d’attirer de nouveaux adhérents, le tout avec en toile de fond la perspective des élections professionnelles de 2027. « Ces objectifs ne sont pas qu’un programme sur le papier mais des engagements concrets que nous devons porter ensemble, a prévenu Tony Cascino. C’est par notre unité, notre mobilisation et notre travail de terrain que nous pourrons continuer de défendre efficacement les intérêts de tous les salariés. Ensemble, restons engagés, présents et prêts pour les défis à venir ! »

Courage et lucidité

Dans leurs interventions, Paul Ribeiro et Sylvain Ibanez ont élargi le propos à l’ensemble de la sidérurgie, retraçant l’histoire de l’année écoulée et les nombreuses interventions de notre Fédération, ainsi que les revendications qu’elle a porté pour défendre ce secteur industriel et ses salariés. Déplorant que les opportunités d’avenir que recèle la décarbonation soient trop souvent gâchées par des industriels dont la boussole n’est que financière, il a appelé à ne pas baisser les bras, malgré une situation décourageante. Revenant sur la récente adoption par la Commission des finances de la proposition de loi « visant à la nationalisation d'ArcelorMittal France afin de préserver la souveraineté industrielle de la France », il a rappelé que FO Métaux n’y était pas favorable, considérant qu’il s’agit d’une mauvaise solution. «  Nous refusons la facilité de nourrir de faux espoirs en soutenant des mesures inadaptés, a tempêté le secrétaire fédéral. Notre organisation n’abandonnera jamais le langage de vérité qui a toujours été le sien pour une calinothérapie qui ne règle rien et entretient des illusions. Notre courage est et restera celui de proposer de vrais remèdes face au mal qui ronge la sidérurgie. »